Le milieu agricole doit se parler

MRC DE ROUVILLE – Concertation est le mot-clé qui est ressorti lors du lancement du plan de développement de la zone agricole (PDZA) de la MRC de Rouville, qui s’est tenu au Domaine CartierPotelle de Rougemont.

Initié en 2013, le PDZA est le fruit de plus d’un an et demi de collaboration entre les élus municipaux, les organismes et les agriculteurs. «Nous voulions consulter la population agricole. Ce sont eux qu’on voulait entendre», a dit Rosaire Marcil, directeur général de la MRC de Rouville.

Plusieurs enjeux ont été ciblés lors des discussions. Le PDZA vise entre autres à améliorer la concertation dans le milieu agricole, la cohabitation avec les autres personnes qui occupent le territoire et la question de la main d’oeuvre.

Yvon Boucher, agriculteur à Saint-Césaireet président de la section Rouville de l’Union des producteurs agricole (UPA), croit que les agriculteurs de la région ont été interpellés par cette démarche en raison des nombreux défis qu’ils doivent affronter, en particulier la question de la réduction des terres agricoles.

«Notre préoccupation c’est de nourrir la planète. Nous sommes dans le jardin du Québec. La perte de territoire agricole est constante. Avec un arpent, on produit une tonne et demie de blé. Combien de pains peuton faire avec ça ? Si on dézone 15 arpents, cela a un impact sur le nombre de personnes qu’on peut nourrir», affirme celui qui a été maire de Saint-Césaire.

Jacques Ladouceur, préfet suppléant et maire de Richelieu, avait accueilli avec scepticisme la demande de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) d’élaborer un PDZA. «J’avais des réticences au début, mais on s’est approprié la démarche pour qu’elle réponde à nos besoins. Il va falloir mettre l’argent et le temps nécessaires pour que ce plan soit un succès», a-t-il conclu.

Pour en savoir plus sur le PDZA, il est possible de le consulter à partir du site http://www.mrcrouville.qc.ca/.

Optimisme réservé chez les agriculteurs

Plusieurs agriculteurs ont assisté à la présentation du PDZA. Ceux interrogés par le Journal ont affiché un optimisme réservé par rapport au plan. «C’est une bonne affaire pour l’agriculture. Il s’agit seulement que les points qu’ils ont ciblés soient véritablement mis en action. On va voir si les bottines vont suivre les babines. C’est sur le terrain que ça se joue», a dit Martin Lareau.

Simon Halde, producteur de lait biologique à Saint-Mathias, a participé l’élaboration du PDZA. «Ce fut un exercice obligatoire. Il y a eu de belles paroles ce matin, mais nous, ce que nous voulons savoir c’est la suite des choses. Il y a beaucoup de défis parce que nous touchons à beaucoup de productions dans la MRC de Rouville. Il faut être optimiste. Si nous ne l’étions pas, nous ne ferions pas notre métier.»